Le journaliste et le ‘’harrag’’

Le journaliste et le ‘’harrag », les deux pourchassés, harcelés et poursuivis, pour des délits qui n’ont aucune raison d’être. L’un fait son devoir, l’autre fuit son calvaire quotidien. Le délit n’a pas sa place. Pour le premier, si le fait de dénoncer certaines situations, relève purement d’un travail d’investigation et de recoupement, l’autre n’a rien à voir avec tout cela, il se trouve qu’il est uniquement à la recherche d’un ciel plus clément, sous lequel il pourrait vivre en toute dignité, sans être indiqué du doigt comme un ‘’moins que rien’’. Le journaliste aussi. Il ne demande pas de faveur, ni de parti pris, seulement qu’on le laisse travailler dans la paix et la sérénité, sans qu’on le mette à l’index à chaque fois qu’il dénonce les comportements malsains, la corruption, les malversations et bien d’autres actes intolérables. Il est utile de rappeler les propos du président de la CNCPPDH, M. Farouk ksentini, tenus en 2009 à la chaîne III, lorsque, concernant un sujet jusqu’alors repoussé par les politiques, et qui ne souffraient d’aucune ambiguïté : « La prison n’est pas faite pour le journaliste. Et le journaliste ne doit pas aller en prison », avant d’ajouter que ces propositions étaient consignées dans son rapport annuel qu’il devait remettre au Président de la République A côté du délit de presse, le président de la commission des droits de l’homme, est allé jusqu’à s’inscrire en porte-à-faux concernant la pénalisation de l’émigration clandestine. Ce phénomène doit être pris en charge plus sur le plan social que sur le plan pénal, et la répression ne règle pas le problème. Au contraire, elle l‘envenime et l’aggrave. Il faut chercher en profondeur les causes qui sont à l’origine de ce fléau. La gravité du problème réside aujourd’hui sur l’incompréhension des pouvoirs publics, du problème et leur impuissance avérée, devant l’ampleur inquiétante du phénomène. Pire encore, l’émigration clandestine, ne touche pas seulement les pays pauvres, les pays émergents sont tout aussi concernés par le phénomène. La pauvreté d’une part et le développement accéléré de l’autre, ne laissent aucune chance à certaines catégories de jeunes de s’adapter aux nouvelles mutations. Dans le premier cas, c’est le sous-emploi, le chômage galopant, la criminalité, et beaucoup d’autres facteurs, (telle la mauvaise gouvernance), qui ont fait que ces pays n’arrivent pas à décoller. Pour le deuxième cas, c’est carrément la fuite des cerveaux vers d’autres cieux. Dans les deux cas, c’est malheureusement l’Afrique qui fournit cette émigration clandestine et dont l’Algérie y participe malgré elle. Aujourd‘hui, qu’attendent ces jeunes algériens, notamment ‘’l’élite », qu’espèrent-ils avoir pour mettre leur savoir-faire au service de leur pays, qu’elles sont leurs ambitions et leur avenir ? C’est à ces questions, que les pouvoirs publics doivent s’atteler pour leur trouver des réponses. Ces questions sont tout aussi valables pour la liberté d’expression et de circulation. L’Algérien doit être libre de toute contrainte, pour qu’il puisse créer. C’est tout simple. Et le politique doit aussi comprendre, que la bonne gouvernance vise à rendre l’action publique plus efficace par l’obligation de rendre compte, la transparence, la réceptivité, la prospective et la primauté du droit.

Amara Mohamed


le 10 Jan 2014


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