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FESTIVAL DU FILM ARABE A ORAN : Renvoyé aux calendes grecques ?

La huitième édition du FOFA (Festival d’Oran du Film Arabe) n’aura pas lieu à la date annoncée par un titre de la presse nationale, c’est-à-dire vers la fin du mois de Septembre.N’est ni maintenue à sa date ni encore moins annulée. Son sort est tributaire de la ministre de la Culture, Nadia Cherabi-Labidi qui voyait mal la date prévue pour sa tenue (du 20 au 27 septembre 2014).

En effet, le sort du Festival d’Oran du film Arabe dépend de la première responsable du secteur de la culture. Elle se serait exprimée ouvertement lors d’une réunion restreinte qu’elle a tenue récemment avec les professionnels en déclarant: «Je n’aimais pas cette date.» Mais aucune directive n’a, en ce sens, été annoncée par la nouvelle patronne de la culture. La rencontre cinématographique se tient le mois de septembre de chaque année. A Oran, les préparatifs ont commencé juste après le baisser du rideau de l’année dernière. Jusqu’au mois précédent, les chargés de cette mission sont en attente des «nouvelles» de la ministre. Cela laisse croire que la rencontre sera reportée. «La tenue du Fofa en septembre est quasiment impossible vu le temps qu’il faut pour la logistique, on attend du nouveau», apprend-on auprès des sources proches du ministère de la Culture. Tout un faisceau d’indicateurs plaident pour ce report. Le premier est la volonté de l’actuelle directrice de la Culture de prendre son congé annuel à six semaines d’un rendez-vous culturel majeur pour la wilaya d’Oran ? Certains vont jusqu’à signaler sa probable mise à la retraite et son remplacement. La dame a, largement, dépassé la soixantaine et tout récemment les services du Premier ministreont remis sur la table la décision ministérielle d’obliger les sexagénaires à remettre le tablier. Secundo, une information, de plus en plus insistante, évoquant un courrier adressé par la directrice de la wilaya à la ministre de la Culture lui demandant de la « dessaisir de son poste de commissaire de ce Festival ». Donc sa démission, tardive, est imputable, selon certains, à son échec de préparer convenablement la huitième édition. D’ailleurs, lors des précédentes éditions, elle a essuyé un flot de critiques, sauf de certains journalistes devenus des habitués de ce festival, assimilé d’avantage à une occasion de villégiature à Oran. Aussi (et c’est fondamental), le traitement indécent réservé à la productrice et réalisatrice algérienne Mme Nadia Labidi et actuelle…ministre de la culture ne plaide aucunement en faveur de l’actuelle directrice de la culture. En huit ans d’existence, le festival d’Oran a connu au moins un décalage de période de sa tenue. Quand il a coïncidé avec la Coupe du Monde de 2010 suivie par le mois de jeûne. Mais cette fois-ci, des craintes se font entendre de voir cette manifestation délocalisée vers une autre ville du pays. Déjà Khalida Toumi, quand elle était à la tête du ministère de la Culture, a émis le vœu de le voir « transférer en 2015 à Constantine » dans le cadre de «Constantine capitale de la Culture arabe». Certains milieux de la Culture ne cachent pas leur appréhension de voir le FOFA connaître le même sort que le festival du raï. D’autant que rares seront celles et ceux qui se mobiliseront pour son maintien à Oran. Pour la simple raison, cette manifestation est demeurée, durant sa courte existence, comme une «Ovni» par rapport à Oran, qui fait son apparition une fois par an et disparaître ensuite. D’autres, plus mesurés, invitent à un sérieux bilan de cefestival avant d’entamer une réflexion sur la redéfinition de son concept lui-même. Dans ce sens, ils rappellent que cette manifestation a été assimilée par certains Oranais (qui n’ont pas accès à la parole) comme une «offense » puisqu’ils voyaient débarquer d’Alger même les chauffeurs. Conçu àAlger, organisé par un personnel algérois, malgré la désignation de Mme Moussaoui en tant que commissaire, le festival, «victime du copinage», invitait surtout dans le milieu artistique algérois. Certaines vedettes sont devenues des habituées de cette manifestation depuis sa première édition. Dans ce cadre, un observateur de la vie culturelle rappellera que l’édition de l’année dernière a coûté 49 milliards de centimes. Une bonne proportion de ce budget a été consommée dans la restauration et l’hébergement dans les hôtels les plus huppés. Or, souligne-t-il, le cinéma «Familia» se trouvant à Sid El Haouari, la première salle de spectacle en Algérie et en Afrique, est abandonnée à son sort. Le désintérêt manifeste de ce festival pour le cinéma et pour Oran est certain à ce niveau-là, nous assure-t-on. D’ailleurs, on s’interroge sur l’absence de distribution des films projetés lors des précédentes éditions au niveau national. En somme, En huit ans d’existence, ce festival n’a pas apporté grand-chose au 7ème art encore moins à sa ville hôte. En finalité, ceux qui sont restés toujours critiques par rapport à cette manifestation, réclament deux choses: La première : sa réappropriation par les habitants de la ville. On veut en finir et définitivement avec une tradition imposée par Hamraoui Habib Chaouki, le premier commissaire de ce festival, qui débarquait à Oran en «conquérant» voulant mettre tout le monde à ses bottes. Secundo : il est urgent que le concept même de ce festival soit revu et corrigé. Dans le sens de le rendre un stimulant de l’activité culturelle, commerciale et touristique de la ville.