Et c’est parti…

Le compte à rebours commencera ce vendredi. Si à Sidi Benadda dans la wilaya d’Ain-Temouchent, on effectue souvent des lâchers de faisans, à partir de ce vendredi ça sera des lâchers de lièvres dans la capitale, cinq ans après la dernière opération. A l’exception des petits lièvres lancés déjà dans la nature, les lièvres aux biceps reconnus patientent, temporisent, reculent même pour mieux se lancer… A vrai dire personne ne fait confiance à l’autre, tous les acteurs sont aguets !? Qu’attendentils
? La réponse est connue de tous. Mais nous allons, un tant soit peu, tenter de décrypter les dessous des cartes pour voir à quoi rime toute cette effervescence. Pour le FLN, Taj et le MPA voire le PT, c’est tout vu, le seul et unique candidat, c’est Bouteflika. Décision irrévocable. Pour le RND, la situation est un peu nuancée, puisque le parti de Bensalah, soutient plutôt le programme de Bouteflika. Ce n’est pas encore tranché, possible !… Scrutant l’autre côté de la barrière maintenant : Benflis
annoncera sa candidature le 19 janvier. Hamrouche est en liste d’attente. Benbitour, Sofiane Djillali et la clique sont déjà dans les nuages. Partir tôt ne veut pas dire forcément arrivé le premier… Gare à la tortue. Revenons un petit peu en arrière : Saâdani tient absolument à ce que la révision de la constitution soit engagée avant l’élection présidentielle et rejette l’idée de la création d’un poste de vice-président, pour la simple raison que ça ne l’intéresse pas. Ce qui est intéressant pour lui, par contre, c’est le poste de premier ministre. Il le réclame du fait que c’est le FLN qui détient la majorité parlementaire. Une flèche en direction de Sellal. Sachant par ailleurs que si Bouteflika ne se présentera pas, la fin du feuilleton Saâdani sera des plus spectaculaires. En un laps de temps, Saâdani s’est fait plus d’ennemis que n’importe qui. Dernier en date : Belkhadem, qui est venu lui rappeler samedi dernier lors de son intrusion dans la salle Mohamed Boudiaf, le pacte scellé entre les deux hommes au cas où Bouteflika ne briguera pas un 4ème mandat. Du côté du RND, le climat est plutôt doux, mais la partie se joue dans les coulisses. Bensalah a été plébiscité à la tête du parti et Ouyahia maintenu comme membre du tout puissant Conseil National du parti. Comment se distribuent les cartes au pays du DjaâfarNouara : Bensalah est présentement président du Sénat, donc 2ème haute personnalité après celle du président de la république, ce qui laisse conjecturer que sa candidature et peu probable. En cas d’imprévu, il est appelé à assurer la transition. Reste Ouyahia, un candidat potentiel et un cheval gagnant si les conditions s’y prêteraient. Deux probabilités : Si Bouteflika se présente, le RND soutiendra le président sortant. Dans le cas contraire, il ne cautionnera aucun autre candidat sauf celui de son parti : Ahmed Ouyahia. Le parti de Bensalah, en dehors de Bouteflika, ne s’amusera jamais à jouer les alliances avec un certain
Saâdani pestiféré par tous, même dans son camp. D’autant plus que, certaines informations font état d’une rencontre
jeudi dernier entre le président et Ouyahia à El-Mouradia. Rien n’a filtré. Reste un 3ème candidat, un véritable challenge lui aussi. C’est l’actuel premier ministre. Sellal. Un candidat à prendre au sérieux, selon certains analystes. Il pourrait être le candidat du FLN, si Bouteflika se retire. Et c’est Saâdani qui sera mis sur la sellette. Qui soutiendra-t-il ? Sellal ou Belkhadem ? Un véritable dilemme pour celui qui se voit premier ministre ! Avec l’admission avant-hier du Président au Val- De-Grâce, les compteurs sont remis à zéro ! Attendons pour voir.

Amara Mohamed


le 18 Jan 2014


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