BACCALAURÉAT : Quand un chef de centre tente de camoufler un acte de fraude !?

La tâche des surveillants aux épreuves du baccalauréat de cette année n’a pas été de tout repos, loin s’en faut, la fraude a dépassé tout entendement, des candidats ont excellé dans l’art de la triche, aux multiples ruses s’est ajoutée l’utilisation de technologies avancées.
Par A.Benyettou

Mais les efforts consentis par l’Etat afin d’assurer l’équité pour tous les candidats, sont parfois mis en échec par l’administration et les surveillants censés veiller au bon déroulement des épreuves, qui font parfois tout simplement partie du « jeu de la triche « .
Ce qu’a vécu une surveillante nous donne une idée sur les dépassements enregistrés et les pressions subies par un certains nombre de professeurs qui n’avaient que le souci de bien faire leur travail.
Mme F.S.H, nous raconte avec amertume et dans un état de fatigue, son témoignage est accablant, lors du troisième jour des examens, c’est-à-dire le mardi 09 juin lors de l’épreuve de philosophie, au centre d’examen lycée Mohamed Khemisti à Mostaganem, la surveillante en question et le professeur responsable de la surveillance ont surpris la candidate N.R en train de frauder lors de l’épreuve, cette dernière essayait de sortir de ses poches deux feuilles contenant des textes philosophiques. Suite à ces faits, la surveillante avait proposé de confisquer tous les brouillons ainsi que celui sur lequel la candidate était en train de travailler, car elle avait déjà commencé à recopier sur la double feuille peu de temps après que l’épreuve n’ ait commencé, Contre toute attente, le professeur responsable a contredit la proposition de sa collègue en lui répondant que la candidate n’avait rien à refaire et que c’était lui le responsable de la surveillance ! Voyant la candidate achever ce qu’elle a commencé comme si de rien n’était ; une altercation verbale a eu lieu entre les deux professeurs, ce qui a fait réagir le chef de centre qui s’est empressé d’étouffer l’incident en faisant sortir la surveillante de sa classe, l’accusant de semer le trouble chez les candidats.
La surveillante ayant récupéré les feuilles qui sont à l’origine de la triche, est arrivée à prouver la justesse de son attitude. Suite à cela, elle fut mise à l’écart dans un bureau de l’administration, subissant des pressions de la part du chef du centre ainsi que de l’observateur pour taire l’incident même après qu’elle ait établi un rapport sur l’incident (dont une copie est en notre possession). La suite des évènements a largement ébruité cette affaire; et pour cause, deux candidats, une fille et un garçon, qui se sont révoltés contre «le favoritisme dont aurait bénéficié» la candidate N.R, ont été tabassés par des individus l’avant dernier jour à la sortie de l’examen. «Une agression qui serait commanditée par ladite camarade». Le dernier jour d’examen a été clôturé par l’intervention des éléments de lasûreté nationale qui ont embarqué les trois candidats afin de mettre toute la lumière sur les dessous de cette affaire. Quant à la surveillante elle fut sollicitée pour une déposition sur l’incident qu’elle a eu avec la candidate.
D’autres témoignages sur des dépassements commis par des surveillants, ont été révélés par de nombreux candidats ou des professeurs. Devant une telle affaire, une question majeure se pose : comment redonner de la valeur à l’examen du baccalauréat quand on est en face d’un personnel «complice de fraude» cherchant seulement à donner un semblant de maitrise dans la gestion des centres d’examens ? Le ministère de tutelle doit tirer toutes les conséquences des abus et dérives relevés, notamment cette année, afin de préserver la crédibilité de ce diplôme, et par voie de conséquence du système éducatif national, principale victime de la multiplication et de la généralisation de ces agissements contraires à toute éthique.

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